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 Tuân Nguyên - La pagode du Luth

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Lady Swan
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MessageSujet: Tuân Nguyên - La pagode du Luth    Dim 1 Mai - 18:44



Éditions: La Frémillerie
Quatrième de couverture: La Pagode du Luth (Chùa Đàn, 1946) ne semble pas avoir reçu l’accueil qu’il mérite. Pourtant la matière du récit avait de quoi plaire au goût du public des années 40-50 du siècle précédent : un mélange de romantisme et de fantastique dans le droit fil des « histoires étranges » de la littérature d’époques antérieures, avec un zeste de polar sur fond de lutte pour l’indépendance, le tout servi par un style dense et imagé, reconnaissable entre tous.
Le livre a été porté à l’écran en 2003 par la réalisatrice Viêt Linh. Le film, intitulé « Mê thao » (Il fut un temps) a reçu le Prix du Festival de Bergame 2003



*Je fais une petite description de la couverture dans ma critique. N'en tenez pas compte en regardant la couverture que j'ai mise dans la présentation du livre...
Je n'ai juste pas réussi à trouver la couverture que j'ai en ma possession

Mon avis: Je ne saurais pas classer ce livre dans une catégorie particulière. Il aborde tellement d'aspects de la vie tout en y mêlant un peu de fantastique qu'il devient irrévocablement un "inclassable"!

Je commence ma critique par parler des éléments graphiques du roman avant d'embarquer dans la critique du texte lui-même...

Au premier coup d'œil, j'ai énormément apprécié la couverture. Elle est simple. Il y a une représentation d'une œuvre d'art vietnamienne. Elle commence sur la page couverture et se termine à l'endos du livre. Le fond est blanc. Il n'y rien d'autres, au niveau des illustrations. C'est juste parfait ! Je trouve que cette œuvre d'art nous en dit beaucoup sur le ton du livre. Je veux dire par là qu'elle nous indique que nous allons entrer dans l'univers du Vietnam, un pays connu en surface mais peut être pas en profondeur par la plupart des gens.

J'aborde maintenant le style d'écriture de l'auteur qui est tout simplement magnifique ! C'est le mot le plus juste qui puisse me venir à l'esprit.
J'ai immédiatement embarqué dans l'histoire. Je suis tombée sous le charme des mots de Nguyen Tuân. Il emmène ses lecteurs loin, très loin, au cœur des émotions les plus profondes et dans les méandres les plus obscures ou les plus lumineuses de la nature humaine. Il m'a complètement subjuguée par le choix de ses mots mais aussi par les grandes leçons de vie qu'il nous présente entre les lignes de son roman. Nguyen Tuân arrive à nous faire réfléchir, pendant et après la lecture. J'ai peine à croire que ce roman ait pu passer inaperçu, toutes ces années.

Dans ce livre, deux histoires sont mêlées et étroitement reliées.
Il y a, premièrement, la "mise en scène" ou nous rencontrons le prisonnier de guerre #790, nous ne connaîtront jamais son nom. Ce dernier est le narrateur. Pourtant, ce n'est pas vraiment son histoire qui est racontée. C'est l'histoire de Linh ou 2910, un autre prisonnier. Nous avons les perceptions du narrateur face à ce mystérieux personnage charismatique mais aussi très discret.
Il semble si droit et sans histoire. J'ai eu du mal à le cerner complètement.
Avec cette mise en scène, nous apercevons des bribes de cette époque sombre et brutale. Nous comprenons peut être mieux ce qu'était la vie à cette époque. Mais surtout, nous voyons une partie de l'histoire du Vietnam. Je ne la connaissais que très peu et en surface, comme je l'ai déjà dit. De plus, Nguyen Tuân a vécu à cette époque. Je crois que c'est cela qui rend son récit plus vif et vrai, de ce côté. Pourtant, la guerre n'est pas spécialement abordée dans le livre. Ce n'est pas le sujet principal.

Cependant, ce n'est pas cette partie du livre qui en est la pièce majeure...

La deuxième partie "Confidences en contrées insalubres", est reliée à la première. Juste avant le début de cette deuxième partie Linh donne ses écrits à 790. Donc, dans cette partie c'est l'histoire écrite par Linh qui nous est racontée, un peu comme si nous la lisions avec 790.

Nous entrons dans l'histoire de Lanh Ut. Un homme ravagé par le décès de sa femme. Il est accompagné de son fidèle ami, Ba Noh. On se concentre un bon moment sur ce personnage tout en restant au côté de Lanh Ut. C'est dans cette partie, je crois que nous ressentons le plus les émotions. Nous passons de la beauté de l'amour, à l'égoïsme et aux ravages de la mort. C'est une partie assez sombre.

"La pagode du Luth", nous transporte dans le folklore vietnamien. Plusieurs références à des mythes de ces contrées méconnues. Il nous ouvre les yeux sur les légendes et les croyances religieuses de ce pays. De nombreuses notes en bas des pages, nous accompagnent jusqu'à la fin. Un outil vraiment très utile pour mieux saisir le récit dans son intégralité.

Ce livre est une ode à la musique, aux artistes, d'une certaine manière. Puisque je suis moi-même une musicienne j'arrive parfaitement à concevoir toutes ces émotions que procure le fait de jouer de la musique. Un sentiment tellement surréaliste et indescriptible ! L'auteur est venu me chercher dans mon âme de musicienne avec son roman. Je ne sais pas comment vous le décrire, exactement. L'auteur nous décrit avec une telle force le son du luth, l'instrument que nous retrouvons le plus souvent dans le texte. Ces sons comparés aux émotions humaines, aux situations de la vie les plus difficiles ou les plus belles il rend cet instrument presque magique et du même coup déchirant. Je dois vous avouer que c'est extrêmement difficile de trouver les bons mots pour décrire toutes les émotions qui ont pu m'envahir pendant ma lecture. J'espère que avoir été assez précise. Il fait prendre à son récit une tournure à la fois tragique mais aussi éblouissante. J'en avais presque les larmes aux yeux. Ce livre m'a énormément fait réfléchir sur le sens de la vie à travers les personnages.
Je reste indécise suite à cette lecture. Je reviens de ce voyage changée quelque part, au fond de moi mais je ne saurais dire avec exactitude ce qui diffère d'avant...

Je ne me suis pas vraiment attachée à un personnage en particulier. Ils m'ont tous marquée. Ils avaient tous quelque chose à apporter au récit. Ces personnages sont travaillés et complexes. Aucun d'eux ne m'a vraiment marqué plus qu'un autre. Ils étaient chacun une partie déterminante de l'histoire.

Je termine en vous disant que si vous avez l'occasion de livre ce livre n'hésitez pas une seule seconde car il en vaut vraiment la peine. Un grand merci à Accros et Mordus et aux Éditions la Frémillerie pour ce livre de partenariat...inoubliable!
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